HAUT KATANGA : VOUS AVEZ DIT « ENQUÊTE » SUR L’EXPLOITATION DU BOIS ROUGE?

Trois députés nationaux de la majorité séjournent dans la province du Haut-Katanga. Mission : enquêter sur l’exploitation illégale du bois rouge. Dans un communiqué daté…du 4 mars 2016, Mgr Fulgence Muteba, évêque de Kilwa-Kasenga, avait pointé un doigt accusateur en direction des Chinois. Ceux-ci bénéficieraient de la protection de certains « hauts dignitaires » du pays.

Dix mois après l’alerte lancée par l’évêque de Kilwa-Kasenga, trois députés nationaux de la Commission Environnement sont (enfin) arrivés, jeudi 11 janvier, à Lubumbashi. La délégation est conduite François Nzekuye.

Les trois parlementaires sont chargés d’enquêter sur l’exploitation pour le moins anarchique du bois rouge. Un bois qui se vend à prix d’or en Asie. On imagine qu’après les constats et autres auditions, les trois députés devraient rédiger un rapport à l’intention de la chambre basse du Parlement.

Mettant la charrue avant les bœufs, Nzekuye a confié à radio Okapi que la délégation venue de Kinshasa a «suggéré à l’autorité provinciale de construire un entrepôt général où tous les exploitants viendront entreposer leurs bois et l’embarquement devra se faire au même endroit pour que les services de l’Etat puissent tirer profit des recettes».

Elle a, par ailleurs, « condamné l’implication de certains officiers militaires et policiers dans l’exploitation de bois rouge » avant des les ont invités « à cesser de trafiquer ou de participer à cette activité qui n’est pas compatible avec leur travail d’agent de l’Etat ».

L’arrivée tardive de cette « commission d’enquête » composée des députés étiquetés « majorité présidentielle » incline à penser que l’Assemblée nationale tente de se donner bonne conscience face à une affaire qui prend les allures d’un scandale.

Dans un communiqué daté du 4 mars 2016, Mgr Fulgence Muteba, évêque de Kilwa-Kasenga, attirait l’attention des autorités tant provinciales que nationales sur le fait que « plusieurs sites dans les territoires de Kasenga et de Pweto font l’objet de coupe à grande échelle du bois rouge, appelé localement ’mukula’ « .

Selon lui, plusieurs arbres de cette espèce « sont coupés anarchiquement » sans aucun souci de reboisement. Qui est responsable de cette situation? Il n’est pas allé par quatre chemins en désignant « des Chinois », venus pour s’occuper des travaux d’infrastructures.

Les arbres coupés sont entassés dans des containers avant d’atteindre le marché chinois via les ports tanzaniens sur l’Océan indien.

Dans ce dossier, la mouvance kabiliste est en position d’accusé. L’enquête initiée par l’Assemblée nationale – dont le président porte également la casquette de secrétaire général de la MP – dissimule mal une duplicité certaine. « Quand je veux étouffer une affaire, je crée une commission », disait Clemenceau.

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